LA BATAILLE DE GAULLE : dans les coulisses du tournage à Lyon
Du 1er au 4 juillet 2024, Lyon a accueilli en toute discrétion l’avant-dernière étape d’un tournage fleuve de douze mois, qui aura mené l’équipe de LA BATAILLE DE GAULLE, de Paris à Tanger, en passant par Casablanca et les studios de Bry-sur-Marne.
Le deuxième opus du film, intitulé LA BATAILLE DE GAULLE, J’ÉCRIS TON NOM, s’ouvre à Lyon : c’est place Saint-Jean, dans le Vieux Lyon, que débute l’histoire avec Livia, opératrice radio au sein des réseaux clandestins de la Résistance.
Quatre jours de tournage dans les rues de Lyon
Cap sur les coulisses de quatre jours intenses de tournage lyonnais entre quais de Saône, toits du lycée la Martinière, rues anciennes de Lyon, et la véritable maison du Dr Dugoujon à Caluire-et-Cuire. Ces jours-là devant la caméra, on retrouvait notamment les comédiens Félix Kysyl (Rex/Jean Moulin), Anamaria Vartolomei (Livia), Stéphane Varupenne (Bidault) ou encore François Goeske (Klaus Barbie), Laurent Paillot (un député) et de nombreux figurants lyonnais.
Jour 1 : double équipe sur les quais et dans les rues du Vieux Lyon
Lundi 1er juillet, deux équipes tournent simultanément. Sur le quai Saint-Vincent, à proximité de la passerelle Saint-Georges, Rex et Bidault discutent en marchant le long de la Saône (photo). La scène est tournée au petit matin pour capter la lumière si particulière de la ville à cette heure. Pendant ce temps, une seconde équipe s’installe dans le quartier d’Ainay, en Presqu’île, rue Johannes-Drevet et rue Guynemer, où Livia (Anamaria Vartolomei) traverse la ville en courant, hagarde, dans une série de plans qui capturent l’urgence et la frayeur ressentie par le personnage.

Rex et Bidault — Berge du quai Saint-Vincent, Lyon • photogramme LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM © Pathé Films

Livia accourt — Rue Saint-François de Sales, Lyon • photogramme LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM © Pathé Films
Jour 2 : une scène à haut risque sur les toits de la Martinière
Le lendemain, direction le lycée La Martinière sur les pentes de la Croix Rousse, où l’équipe tourne une séquence délicate : une course sur les toits. Livia grimpe jusqu’au dernier étage par l’escalier de service, rejoint les toits (photo), puis redescend précipitamment en apercevant l’arrivée des véhicules allemands. Une partie de cette scène a été tournée directement sur les vrais toits de l’établissement scolaire, pour un rendu que le studio n’aurait pu reproduire. La séquence, sensible et dangereuse, est tournée en équipe réduite. La caméra capte une vue splendide sur la colline de Fourvière.

Livia s’échappe — Toits du lycée La Martinière, Lyon • photogramme LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM © Pathé Films
Jour 3 : l’arrestation tournée dans la véritable maison du Dr Dugoujon
Mercredi 3 juillet, l’équipe se déplace à Caluire-et-Cuire, place Jean Gouailhardou, pour tourner l’une des scènes les plus chargées d’histoire du film : l’arrestation de Rex et de ses camarades (photo). La scène a été tournée dans la maison réelle du Dr Dugoujon, où Jean Moulin fut arrêté par la Gestapo le 21 juin 1943. Trois tractions avant et une chorégraphie précise de véhicules ont nécessité plusieurs répétitions avant la prise.


Arrestation de Rex — Place Jean Gouailhardou, Caluire • photogrammes LA BATAILLE DE GAULLE © Pathé Films
La journée se termine rue Pierre Poivre, au pied des pentes de la Croix Rousse, où Rex et Livia se croisent sans se regarder, dans une séquence filmée de nuit (photo en bas de page).
Jour 4 : dans les rues du 5ᵉ arrondissement, sous le regard de la Gestapo
Pour la dernière journée lyonnaise, la production réunit une figuration conséquente — cinq membres de la Gestapo, deux soldats allemands, une dizaine de civils en file d’attente et une trentaine de passants — pour tourner place Saint-Jean, rue Mandelot et rue des Antonins. Une mise en scène qui exigeait une coordination fine entre décors d’époque et circulation du quartier.
Par ailleurs, si l’on voit à l’écran Jean Moulin dîner dans un bouchon lyonnais, la scène n’a en réalité jamais été tournée à Lyon mais a été entièrement reconstituée en studio. Dans la réalité, Jean Moulin avait ses habitudes au restaurant Le Garet, à Lyon, où une table porte d’ailleurs toujours son nom aujourd’hui (et où Bertrand Tavernier est venu tourner une scène de L’HORLOGER DE SAINT-PAUL).
Un décor remis à l’heure de l’Occupation
Pour que les rues du Vieux Lyon et de la Presqu’île soient raccord avec les années 1940, les équipes de décoration ont fait un travail remarquable pour faire revivre cette sombre époque de l’Histoire. Les devantures de magasins ont été recouvertes, transformées, accessoirisées, les murs grimés… Les potelets de nos rues modernes (ces poteaux gris qui longent les trottoirs) ont dû être démontés, puis reposés une fois les prises terminées. Quant aux marquages au sol, eux aussi ont dû s’éclipser sous des tapis le temps du tournage. Des exemples parmi tant d’autres du travail invisible que suppose la reconstitution d’une époque en décor naturel.

La Gestapo recherche les résistants — Rue de la Martinière, Lyon • photogramme LA BATAILLE DE GAULLE © Pathé Films

Livia marche dans la rue — Rue des Antonins, Lyon • photogramme LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM © Pathé Films
Les costumes : un savoir-faire régional derrière la caméra
Ce que l’on voit rarement à l’écran, c’est le travail de préparation mené en amont par des ateliers installés en région. En effet, une partie des costumes du film a été fabriquée du côté de Roanne, où une entreprise s’est fortement mobilisée pour répondre aux exigences de la production, misant sur un savoir-faire textile local reconnu. Les chapeaux de Rex et de Churchill proviennent eux aussi d’une création roannaise réalisée par la chapellerie Traclet, une maison experte du chapeau historique.
À Lyon, c’est un atelier spécialisé dans les costumes d’époque, notamment pour le spectacle vivant, qui a confectionné plusieurs pièces maîtresses du film. Cette maison, qui travaille de plus en plus pour les productions de cinéma (LA VENUE DE L’AVENIR de Cédric Klapich, DRACULA de Luc Besson, LE COMTE DE MONTE-CRISTO ou encore ASTÉRIX ET OBÉLIX de Guillaume Canet tourné en partie en Auvergne), a créé pour ce tournage l’uniforme de Rex/Jean Moulin porté par Félix Kysyl, la veste en cuir de Koenig, interprété par Benoît Magimel, ou encore le costume des personnages de Spears et de Muselier.
Trouvaille lyonnaise plus inattendue : les chaussettes de Livia ont été achetées au Printemps de Lyon !

Rex et ses compagnons dans un dédale de rues — Rue Pierre Poivre, Lyon
LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM © Pathé Films – TF1 Production – Belvédère – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Une mobilisation régionale de grande ampleur
Le tournage à Lyon, ce sont aussi des chiffres qui témoignent de l’impact économique d’une production de cette envergure sur le territoire :
– Au total près de 200 personnes mobilisées sur place (techniciens, comédiens, équipe de production…)
– 70 techniciens régionaux intégrés à l’équipe
– 148 cachets silhouettes et figurants castés par une directrice de casting lyonnaise
– Des retombées économiques conséquentes sur la région : plus de 840 000 euros dépensés par la production sur le territoire régional pour les besoins du tournage, comprenant sa préparation (repérages, recherches historiques…), la confection de nombreux costumes, la location des lieux de tournage, les salaires (techniciens, figurants et silhouettes), les frais de fournisseurs (hébergement, restauration, déplacements…), etc.
Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma a accompagné le tournage de LA BATAILLE DE GAULLE en région, du repérage des décors à la mobilisation des équipes techniques locales.
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Les deux volets du film sont encore à l’affiche dans de nombreuses salles !
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